Mode,

1 an de mode éthique : mon bilan

En mars, pleine de bonnes résolutions, j’avais décidé d’entamer un défi : adopter en 2017 un an de mode éthique. Les règles étaient simples : acheter uniquement des vêtements respectueux de l’environnement et de l’homme, créés en Europe et vegan (pas de fourrure, de cuir, ni d’exploitation animale).

Alors, ai-je respecté ce défi ? La réponse est simple : non, pas totalement, et je l’ai trouvé parfois facile, mais parfois extrêmement difficile à respecter. Voici par saison le détail de mes réflexions et de mes achats.

Printemps

De mars à juillet, je n’ai aucune difficulté à respecter mon challenge. Je n’ai pas réellement besoin de m’acheter de nouveaux vêtements. Je réalise un grand tri de ma garde-robe, donne ce que je peux et tente de revendre en seconde main les vêtements que j’ai peu mis, voire jamais portés. Je suis fière de me lancer dans ce défi et je suis en recherche de plusieurs marques éthiques. J’avais déjà craqué pour Carrousel Clothing en janvier, avec ces très beaux sweats colorés.

Je flashe aussi sur des vêtements de chez Dressing Responsable et Ekyog, mais comme ils sont assez coûteux, je postpose leurs achats, me rendant compte au final que je n’en ai pas besoin. Je me dis que j’attendrais les soldes pour craquer. Les choses se compliquent en été.

Eté

Pour mes vacances, j’ai très envie de m’acheter un maillot chez Banana Moon. Dans le magasin, je craque…non seulement pour un maillot, mais aussi pour une petite blouse d’été. Charmante n’est-ce pas ?

Je regarde la confection, j’essaie de me donner bonne conscience : les tissus sont européens. Très franchement, je culpabilise. Portée une seule fois, la blouse payée 80 euros est lavée à froid. Elle rétrécit fortement. Je retourne au magasin de Louvain-la-Neuve et me fais traitée comme une moins que rien. Je suis furieuse. J’adresse un courrier avec des photos à la marque, et je reçois une réponse risible. Je vous invite tout simplement à éviter cette marque à l’avenir, qui n’a aucune éthique, et encore moins envers le consommateur ! Je suis donc très déçue par cet écart à mon défi et m’engage à mieux le respecter pour le reste de l’année.

Automne

J’ai besoin de nouvelles tenues, cette fois, je ne peux plus l’ignorer. C’est notamment le mariage de ma cousine, et j’ai envie d’une robe élégante. Je farfouille parmi les marques éthiques et tombe sur Monsoon. La marque est londonienne et membre fondateur de l’ETI. Il s’agit d’une initiative de commerce équitable, c’est-à-dire améliorer durablement les conditions de travail des communautés avec lesquelles Monsoon traite. Chaque fournisseur doit respecter la charte de commerce éthique. Par ailleurs, Monsoon a créé une association caritative qui vient en aide à plus de 10 000 femmes et enfants défavorisés d’Asie.  Je commande quelques pièces et je suis contente de mes achats : ceux-ci sont bien coupés, de bonne qualité et ne changent pas suite aux lavages.

Hiver

Je résiste à l’envie d’une nouvelle doudoune. Je résiste, je résiste, je résiste mais je finis par craquer. C’est la faute de Coline, qui sort une vidéo sur La Redoute. Sur le site, je commande quelques tenues à -50%. Les vêtements arrivent très vite et je suis déçue par la majorité d’entre eux : vilaine coupe, couleur mensongère, mauvaise qualité du textile. Je garde finalement un cardigan, un cache-cœur, deux t-shirts et un pyjama. Le total me revient à moins de 100 euros. Forcément, cela ne peut pas être éthique. Ceci dit, les vêtements sont de bonne qualité, aux coupes simples et intemporelles. Je sais qu’il ne s’agit pas d’achats coup de cœur (comme ma blouse Banana Moon) mais de vêtements dont j’ai réellement besoin.

J’attends les soldes pour m’offrir une sublime paire de chaussures vegan de Minuit sur Terre. J’ai aussi flashé sur une doudoune et un sac de everbodyagrees. L’an prochain, je m’achèterai un ensemble de lingerie en coton bio Peau Ethique. Je compte me tourner vers la seconde main pour des événements uniques, comme des mariages ou des soirées particulières.

Conclusion

J’ai trouvé qu’il était difficile de trouver des alternatives éthiques aux vêtements issus de la fast-fashion : il y a très peu d’enseignes sur Bruxelles tout simplement. Ensuite, si en ligne, des marques fleurissent, les vêtements sont coûteux. Une autre raison qui complique la donne : les frais de livraison pour la Belgique sont élevés. C’est râlant de devoir payer 12 euros pour l’achat d’une pièce. Et puis, les retours sont payants ! Bref, beaucoup de freins subsistent pour ceux et celles qui veulent adopter l’éthique vestimentaire. Mais l’avantage dans tout ça ? Ces freins m’obligent à conscientiser ce que j’achète et à choisir une tenue sur le long terme. D’ailleurs, j’ai fait de belles économies sur mon budget shopping cette année !

Je pense en conclusion qu’il est possible de trouver un équilibre : s’offrir des basiques éthiques et de bonne qualité (le choix est vaste sur ma page « En ligne »), ne pas acheter sous le coup de l’impulsion, axer ses achats sur des marques aux belles valeurs et aux non moins belles matières, et si on craque pour la fast-fashion, opter pour des marques qui se dirigent vers l’éthique, par exemple en ayant une collection vegan, des tissus européens et/ou bios, etc. Enfin, n’oublions pas, qu’acheter mieux, c’est aussi acheter moins car après tout, « la seule chose qui se démode, c’est la mode » (Pierre Reverdy).

Pour  terminer ce bilan, voici mon achat préféré en 2017 : ce pull Karma de chez Monsoon.

Avez-vous des idées de défi mode pour 2018 ?

314 commentaires

14 commentaires

Véronique Van De Gucht

Bonjour Deborah.

Bravo pour ce défi réussi et chargé de bon sens.
Les vêtements de qualité durent plus longtemps.
Je possède des basiques qui ont plus de 10 ans.

Et surtout ne rien jeter si on change de taille ou si un vêtement ne plaît plus; mettre dans une boîte rangée à la cave ou au grenier et on redécouvre ses anciens coups de coeur avec plaisir quelques années plus tard.
La mode est cyclique.

Le lavage abîme fortement les couleurs, il est intéressant d’acheter des produits de lavage respectueux de l’environnement et de lire les instructions pour éviter d’en utiliser trop.

Quelques uns de mes trucs pour éviter de gaspiller dans ce domaine.

Je vous souhaite une excellente année 2018 remplies de nouveaux projets.

Véronique.

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Claire

Hello,
Ton article me plaît beaucoup car je souhaite changer mes achats de vêtements pour m’habiller plus responsable. Je cherchais une robe pour les fêtes et je n’ai pas trouvé mon bonheur.. c’est difficile de savoir si les vêtements sont vraiment de qualité, confectionnés dans le respect de l’homme et de l’environnement. Et puis les prix sont abusés parfois..
Mais je n’n’abandonne pas et je vais regarder les sites que tu as cités !
Bise,
Claire

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littlegreenbee

Merci Claire, j’espère que tu trouveras ton bonheur parmi la multitude de vêtements éthiques 🙂
Bises

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Marie E.

Un article très intéressant, c’est chouette d’avoir eu ton retour et ton ressenti sur cette année . Je dois dire que je galère également à m’orienter vers la mode éthique. Surtout à cause des prix, très souvent incompatibles avec mon budget étudiant. Ce n’est pas une raison pour « mal » acheté, puisque j’ai opté pour la seconde main durant toute cette année et compte bien continuer. Mise à part quelques achats non éthique, mais très réfléchi, mes achats mode ont été responsables cette année.
PS : Je suis fan de ton sweat Karma !
A bientôt,

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littlegreenbee

Merci Marie !
Très bonne option que la seconde main 🙂

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Lady-Heroine

Hello!
J’ai trouvé ton article très intéressant! Je ne fais pas vraiment de shopping « responsable », le prix des vêtements me freine trop, et comme je suis étudiante je n’ai pas vraiment les moyens… Mais j’aimerais beaucoup m’y pencher et, comme tu le dis, commencer par quelques pièces basiques.

Bisous!
Adèle

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littlegreenbee

Merci Adèle ! Je comprends, l’argent est un frein, mais le changement commence dans la tête 🙂 Tu es déjà à cette étape on dirait, et c’est super !
Bisous

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Szandra Gonzalez

Coucou! Super article, comme toujours 😉 est-ce que tu connais le nouveau projet de slow fashion « wonderloop »? Helena vient de lancer ce concept store (ils sont en mode pop up ces prochains mois et à bruxelles) et elle ne vends que des marques éthiques et écologiques. À terme, l’idée est de pouvoir louer les vêtements 🙂
Pour les jeans, je suis en train de louer une paire chez mudjeans et j’adore!
Un dernier petit conseil: la prochaine fois que tu as un événement spéciale comme un mariage: passe aux ptits riens ou demande tout simplement à tes amies. Quelqu’un aura fort probablement une robe ou autre à te prêter pour un weekend 😉
Bisous!

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littlegreenbee

Merci Szandra 🙂 Je suis ravie de découvrir wonderloop, merci ! Pour les fêtes, en effet, je demande aussi à des amies quand c’est possible ! Vive l’échange et l’entraide, bises

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sthecrazygirl

Coucou
Merci pour cet article très intéressant je ne fais pas attention à mes vêtements mais je devrais c’est certain peut-être bientôt
Bisous
s

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littlegreenbee

Merci beaucoup S., chacun fait à sa mesure 🙂 et c’est un bel univers que celui de la mode durable, je suis sûre que tu t’y plairas aussi.
Bises

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vanessa pesades

J’ai adoré lire ton bilan. Et revoir ton sweat « Karma » (je ne te l’ai pas dit, mais je bave devant :p ). Je trouve aussi cela très compliqué d’acheter éthique au sens large (car chacun son éthique), surtout qu’un vêtement éthique ne sera pas forcément de qualité… Bref une vraie prise de tête. Pour ma part, en 2018, je me mets au défi de tricoter mes propres pulls et gilets en laine. Ce n’est pas vegan, certes, mais je ne le suis pas, et je peux choisir en conscience la provenance des fils que je tricote et la manière dont ils ont été teints. J’aimerais également n’avoir que des sous-vêtements bio et certifiés GOTS. Rendez-vous fin 2018 pour le bilan 🙂

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littlegreenbee

Merci Vanessa ! Pour le pull Karma, il n’est pas si cher 😉 Très chouette défi que celui que tu te mets en place ! Je sais qu’une ferme bio va bientôt proposer sa laine, et je peux te dire qu’ils ont une très belle éthique ! Malheureusement, ce n’est pas en Belgique !
Bises

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vanessa pesades

Tu sais me dire laquelle? Je ne recherche pas spécialement de la laine locale, pour moi c’est la qualité et l’éthique qui compte.

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