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Des chaussettes reprisées au Black Friday

Est-ce que vous aussi vous avez été perturbé par le Black Friday et le Cyber Monday ? Je me suis demandé d’où venaient ces inventions purement consuméristes. Et ce, à quelques jours de Saint-Nicolas et de Noël, des fêtes déjà hautement gangrenées par l’argent. Je ne peux m’empêcher de questionner ce monde dans lequel nous vivons. Je n’en peux rien, je suis ainsi. Et je trouve qu’il est vraiment difficile de lutter en permanence pour ne pas dévaliser les magasins en hurlant de joie. Les tentations se multiplient, et toujours se recentrer par rapport à ces besoins demande de plus en plus d’énergie.

L’origine du Black Friday

Le 24 novembre de cette année a eu lieu le Black Friday. Il s’agit d’un jour où tous les commerçants font des soldes. Ce jour d’incitation à la consommation suit traditionnellement le jeudi de Thanksgiving. Il lance la saison des achats de Noël. Le nom Black Friday tire son origine des années 50-60 où les frénésies d’achats entraînaient des embouteillages gigantesques et des boutiques bondées. « Black Friday » illustrerait aussi le fait que les commerçants inscrivent leurs comptes non plus en rouge mais en noir car ils retournent en positif.

Le Black Friday déferle en France en 2014. Il débute sur Internet le vendredi et se poursuit tout le weekend. C’est en 2016 que le Black Friday prend ses marques en Belgique et cette année, son ampleur est particulièrement importante, on en parle dans tous les médias. Ma boite mail est inondée de promotions en tout genre. Il n’a plus lieu sur Internet mais dans tous le magasins. En 2016, le Black Friday représente un quart du chiffre d’affaires de l’année en Belgique ! Le Cyber Monday a lieu le lundi qui suit le Black Friday. Egalement importé des Etats-Unis, ce concept se passe uniquement en ligne.

Si le Cyber Monday n’entraine pas de violence directe, le Black Friday, quant à lui, provoque chaque année des scènes de foules en délire : bagarres, piétinements, insultes…et bien pire. Le site Black Friday Death Count réfère le nombre de morts et de blessés depuis le début du Black Friday.

Avant, on reprisait nos chaussettes

Par quel mécanisme en sommes-nous arrivés là ? Comment en est-on arrivé à se piétiner, à se battre pour se précipiter sur une TV en promotion ?

On dit que la société de consommation a débuté lorsqu’on a cessé de repriser nos chaussettes. Plus concrètement, la période charnière est celle de l’après-guerre, de la fin de la pénurie pour basculer dans une période de surconsommation dès les années 60. Si avant la demande créait l’offre, l’ère de la société de consommation inverse la tendance. Un surplus de consommation conjugué à l’avènement de la publicité incite la population à consommer toujours plus. C’est maintenant l’offre qui crée la demande. En parallèle,  l’obsolescence programmée s’installe: les biens sont créés avec une durée de vie bien plus faible que celle qu’ils pourraient réellement avoir.

L’acte d’achat devient un symbole de réussite sociale. Consommer pour exister, en quelque sorte. Si les moyens financiers ne suivent pas, la frustration devient réelle et s’illustre dans les mouvements d’agressivité lors des Black Friday.

Et si on se mettait au Green Friday ?

Encourager le savoir-faire

Certaines associations environnementales nous mettent en garde contre les achats déraisonnés. Greenpeace, par exemple, lance le 2 décembre une semaine de réflexion sur la fast fashion, la MAKE SMTHNG Week, les vêtements étant justement la source d’achat la plus importante lors du Black Friday.  Le slogan de cet événement est « Make something and buy nothing » (faites quelque chose et n’achetez rien). Greenpeace met en avant l’impact environnemental du Black Friday, et de manière générale, de la surconsommation actuelle.

Nous achetons sans réfléchir, mais les déchets que nous générons persisteront pendant des siècles. »

Greenpeace insiste également sur le fait que l’acte d’achat est un plaisir éphémère et superficiel alors que l’acte de création, le savoir-faire apporte une source de satisfaction bien plus importante : coudre, cuisiner, réparer ses objets, fabriquer ses produits de beauté, etc. Sur le site de l’événement, une phrase résume l’esprit du « non-consumérisme » : « Nous allons tirer le meilleur parti de ce que nous possédons déjà en partageant, en transformant et en réparant nos objets pour leur donner une seconde vie – et nous allons le faire ensemble ! »

Consommer mieux

Plusieurs marques ou sociétés pratiquent le Green Friday. Une belle façon de détourner cette journée consumériste. Cette fois, pas de réductions sur les produits mais une réflexion sur la consommation.

Le réseau ENVIE, en France, est composé de 50 entreprises qui mettent en avant la réutilisation et le recyclage plutôt que l’achat neuf. Ils rénovent des appareils électroménagers qu’ils revendent ensuite à bas prix. ENVIE organise une semaine de Green Friday pour encourager les consommateurs à réfléchir sur leurs actes d’achat. Des activités ont lieu dans toute la France pour montrer qu’il existe des alternatives à la consommation actuelle : conseils, ateliers de réparation, promotions, etc.

Dressing Responsable, boutique de vêtements éthiques, se positionne clairement : « Pourquoi le Green Friday ? Tout simplement parce que nous disons non aux abus du Black Friday, aux codes promo à outrance, à la consommation de masse qui détruit la planète. Nous proposons des produits éthiques, de qualité au prix juste toute l’année, plutôt que des produits aux prix gonflés qui sont tout le temps en promo. Pour que vous puissiez craquer sans culpabiliser, nous vous offrons les frais de port, sans minimum d’achat ! »

Slow Christmas

Maintenant que la frénésie du Black Friday est passée, il faut faire face à Noël. Tout est une nouvelle fois mis en place pour nous faire dépenser bien plus qu’escompté, pour nous faire croire que la bonne occasion, l’affaire du siècle est sous notre nez. Mais si on passait au Slow Christmas ? Dans l’article de Ceci n’est pas un blog, vous trouverez 5 exemples d’initiatives pour un Noël éthique.

Se retrouver

Au final, je suis passée au travers du tourbillon du Black Friday et du Cyber Monday. Je n’ai même pas pensé à m’acheter quelque chose. Je n’ai pas ressenti une brise d’envie me parcourir, et je me dis que cette année, j’ai grandi par rapport à mon besoin de consommation. Je ressens moins le besoin d’acheter des vêtements, par exemple. Je choisis des marques impliquées éthiquement, et je me tourne vers l’achat de seconde main. J’essaie de limiter mes achats cosmétiques et maquillage, et je me tourne d’évidence vers des marques naturelles et cruelty free. Je sélectionne ce que je mange, même si je reste une éternelle gourmande. Toutes ces actions sont loin d’être faciles et exigent une résistance quotidienne. Mais j’en retire beaucoup. Grâce notamment à ce blog, et aux rencontres qu’il me permet de faire.

Je suis heureuse. Heureuse de trouver au quotidien, en vrai ou au virtuel, des gens qui pensent comme moi. Des petits bouts d’humains formidables, bourrés de graines de pensées positives. Qui me donnent envie de me dire, oui le monde est beau malgré tout, et si nous sommes perdus dans ce monde de folie enracinée et acceptée, c’est dans d’autres modes de vie que nous nous retrouvons.

Merci à vous pour vos idées, votre énergie, votre enthousiasme, votre beauté, votre créativité et votre folie de résister !

04 commentaires

4 commentaires

Patricia Lafont

Que de justesse dans cette analyse que je partage pleinement et qui m’incite à passer encore un peu plus à l’action… ????

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littlegreenbee

Merci beaucoup pour ce beau compliment. Je suis ravie de voir que nous sommes plusieurs à partager ce point de vue.

Bonne journée,

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vanessa pesades

Magnifique article. Je n’ai pas d’autres mots tellement ton propos fait écho en moi <3

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littlegreenbee

Merci de tout coeur pour ce très beau compliment !

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