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Perturbateurs endocriniens : une bombe à retardement

En tant qu’être humain, nous possédons plus de 200 substances chimiques différentes dans le sang, l’urine, le liquide amniotique, le lait maternel…Effarant n’est-ce pas ? On ne sait pas si ces substances sont toxiques ou non, mais ce qui est certain, c’est qu’elles n’ont rien à faire là. Parmi celles-ci : les perturbateurs endocriniens. Il s’agit de substances qui modifient l’action des hormones sur une cellule. Cela ne vous parle pas ? Je me rappelle avoir étudié l’action féminisante des crèmes solaires sur la faune aquatique. Voilà un exemple très concret de perturbateurs endocriniens ! Connaissez-vous ces substances ? Savez-vous ce qu’elles entraînent comme conséquence sur la santé humaine et sur l’environnement ? Et surtout, comment les éviter ?

Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?

Définition

C’est un produit chimique qui interfère avec le système endocrinien. Ce dernier gère les hormones du corps humain, comme les œstrogènes, les hormones de la thyroïde, etc. Il régule le métabolisme, la croissance, le stress, l’activité sexuelle et la gestion du stress. Certains perturbateurs endocriniens miment l’effet de certaines hormones et simulent leurs activités. D’autres empêchent l’effet des hormones. La plupart a un double effet : ils miment et empêchent l’hormone d’avoir son effet maximal.

La sensibilité aux perturbateurs endocriniens n’est pas pareille à tous les âges de la vie. Elle est particulièrement forte lors du développement du fœtus et provoque des conséquences directes ou à retardement. Par ailleurs, l’inquiétude des scientifiques relève aussi des « cocktails » de substances chimiques car nous sommes confrontés à plusieurs centaines de celles-ci tous les jours. Certaines se conjuguent ou se neutralisent. Il est donc très difficile d’évaluer la toxicité des perturbateurs endocriniens, car nous y sommes tous exposés constamment.

Parmi les perturbateurs endocriniens dont vous avez déjà certainement entendus parler : le bisphénol A, les phtalates, le mercure, les parabènes.

A l’origine

Dans les années ’50, des scientifiques découvrent l’existence de perturbateurs endocriniens au travers d’études environnementales. Des présences de polluants (pesticides, peintures sur les bateaux, etc.) permettent d’observer la modification d’organes sexuels d’espèces animales dans des cours d’eaux. Chez l’Homme, le Distilbène prescrit jusque dans les années ’70 pour éviter les fausses couches entraine des malformations congénitales et des cancers chez les enfants des femmes ayant pris ce médicament.

Dans les années ’90, les scientifiques confirment que certaines substances ou molécules chimiques peuvent modifier l’activité des hormones et modifier le système reproducteur. En 2001, la Convention de Stockholm interdit l’usage de 11 substances chimiques. En 2007, le règlement REACH a pour objectif d’enregistrer toute substance chimique et d’assurer l’évaluation des risques de ces substances. En 2013, la Commission européenne réalise une étude sur 2/3 des 800 perturbateurs endocriniens connus.

Où les retrouve-t-on ?

Dans l’eau

Les eaux de rivière sont contaminées de plusieurs manières : résidus de médicaments, détergents, contaminants industriels…Consultez cette analyse scientifique sur les eaux contaminées pour en savoir plus.

Dans le plastique

Le plastique contient pas mal de perturbateurs endocriniens. En voici 3 exemples.

Le bisphénol A imite l’œstrogène, hormone féminine. Vaisselle, prise, électroménager (micro-onde, aspirateur, lave-vaisselle), colle, emballage alimentaire, conserves, canettes, casque de sport, appareil photo, DVD, il est partout. Chez nous, il est uniquement interdit dans les biberons. Pourtant, des études sur les animaux ont montré que le bisphénol A donnait notamment le cancer.

Les phtalates perturbent la testostérone. Ils interfèrent avec les hormones mâles pendant la grossesse. On les retrouve partout : détergent, tapis de sol, ballons, films alimentaires, adhésifs, motifs sur vêtements, parfum, cosmétiques, médicaments, shampoings, gels, laques, jouets, matériels hospitaliers, insecticides, baskets…

Les PBDE sont des additifs anti inflammables  : ils retardent la progression du feu. Des études ont montré qu’ils étaient neurotoxiques (dyslexie, troubles de l’attention). Ils ont envahi les plastiques et les textiles : moquettes, tapis, machine à laver, grille-pain, matelas, oreiller, tente, peinture, tissu d’ameublement, rideaux, fax, ordinateurs, imprimantes, ampoules, piles, autoradio…

Dans la nourriture

La nourriture est une source majeure d’exposition aux produits chimiques. Les fruits et légumes possèdent des résidus de pesticides, et ce, même dans les produits bios.

Dans les cosmétiques

Au niveau des produits cosmétiques, les perturbateurs endocriniens sont légion. 13 en particulier sont à éviter. L’article du blog Oolution propose une excellente synthèse  sur le sujet mais voici l’énumération de ces 13 substances, si vous ne souhaitez pas lire l’article complet : silicones, parabènes, triclosan, phenoxyethanol, BHA, phtalates, alkylphenols, resorcinol, filtres chimiques à UV (je vous renvoie à mon article sur les crèmes solaires), lilial.  A défaut de retenir ces noms barbares, des applications smartphones le font pour vous : EWG’s Healthy Living ou Noteo.

Pourquoi s’en méfier ?

 Les scientifiques redoutent l’effet des perturbateurs endocriniens, principalement pour les raisons suivantes :
  • augmentation du cancer du sein, des testicules et de la prostate
  • diminution de la fertilité masculine

Mais d’autres impacts entrent aussi en jeu :

  • autisme, hyperactivité, déficits d’apprentissage
  • puberté précoce
  • syndrome des ovaires micropolykystiques, endométriose
  • diabète en agumentation de 5% par an
  • obésité

Comment les éviter ?

De manière générale, limiter l’exposition aux substances chimiques revient à l’idée de manger local, bio, et plus simplement à une idée de décroissance et de simplicité volontaire : consommer moins mais mieux. Par exemple, ne ramener chez soi que des choses dont on a réellement besoin.

Cuisine

  • éviter le contact des aliments avec le plastique. Il est préférable de les réchauffer au micro-onde dans des assiettes.
  • mettre les restes d’aliments dans des bocaux en verre plutôt que dans des contenants en plastique.
  • manger bio, bien laver les fruits et légumes
  • éviter les aliments transformés un maximum

Maison

  • peinture, bougies parfumées sont relâchées dans l’air et sont respirées : aérer tous les jours et passer l’aspirateur.
  • éviter les détergents nocifs pour le ménage : eau, jus de citron, vinaigre blanc, bicarbonate de soute sont très efficaces.
  • pour les enfants : laver les jouets avant de les donner ou les sortir de l’emballage plusieurs jours à l’avance.
  • textiles : laver un vêtement neuf avant de le porter

Cosmétiques

Évitez les cosmétiques contenant des perturbateurs endocriniens. Les applications que je vous ai citées peuvent vous aider, mais aussi plus simplement les labels bio.

Le sujet vous intéresse ?

Je vous invite à regarder les documentaires suivants :

Les pages web suivantes complètent également le sujet :

 

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