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Zéro déchet #3 : Le plastique, c’est pas chic

Ce 22 avril 2018, la Journée de la Terre s’est consacrée au plastique. L’occasion pour moi de reparler de ce fléau, de ses impacts sur  l’environnement et sur notre santé, et enfin de donner quelques solutions toutes simples pour peu à peu bannir le plastique de notre quotidien.

Qu’est-ce que le plastique ?

Petite histoire du plastique

L’utilisation de matières plastiques au départ de matières organiques remonte à l’Antiquité. Le plastique semi-synthétique fait son apparition au milieu du 19e siècle : la cellulose, le viscose. C’est le 20e siècle et la première Guerre mondiale qui initient le développement de plastique synthétique : le bakélite, la cellophane, le PVC, le polystyrène, le polyamide,etc. Tous ces plastiques connaissent un formidable succès et une grande demande suite à l’après-guerre et aux débuts de la société de consommation. Le plastique entre dans la sphère du quotidien, est considéré comme un objet jetable, éphémère. Il est fabriqué au départ de pétrole et de gaz naturel. Aujourd’hui, le plastique est utilisé partout et tout le temps : à la maison mais aussi dans beaucoup de domaines comme la médecine, le sport, l’aérospatiale, la construction, etc. De par sa légèreté et ses qualités non-corrosives, il remplace souvent les métaux. Et il est loin d’être éphémère…Il est plutôt permanent, nous expose à des produits chimiques toxiques et met des siècles à se désintégrer.

Les différents types de plastique

Crédits photo : Natura Sciences

Le désastre écologique du plastique

En 2016, chaque personne sur la planète a utilisé et jeté 136 kg de plastique neuf en moyenne. La majorité des déchets plastiques sont des emballages alimentaires.

Chaque année, nous utilisons mille milliards de sacs plastiques. 100 millions de sacs plastiques sont utilisés chaque minute dans le monde. La durée de vie moyenne d’un sac plastique est de 12 minutes, alors qu’il met 400 ans à se décomposer.

Rien que pour fournir les Etats-Unis en bouteilles en plastique, 200 milliards de litres de pétrole sont utilisés chaque année. La production d’une bouteille d’eau revient à allumer une lumière pendant 3 heures et nécessite 3 litres d’eau. Dans le monde, 22 millions de bouteilles d’eau finissent chaque année leur vie dans les décharges.

Une infime fraction du plastique est recyclée, le reste pollue terre et mer.  Sur 300 millions de tonnes de plastiques produites par an, 8 millions terminent dans les océans ! Le plastique tue chaque année environ 1 million de créatures marines. Actuellement on compte 1 déchet en plastique pour 5 poissons dans l’océan. A ce rythme, en 2050, il y aura plus de déchets que de poissons…

Aux côtés des déchets visibles dans l’océan, plutôt qu’un continent de plastique, on devrait parler d’un « nuage de plastique ». Le plastique se transforme peu à peu, sous l’action conjointe du sel, des UV et des vagues en microparticules. Les microbilles utilisées dans les cosmétique et les dentifrices sont également une source importante de microplastiques. Les produits chimiques issus de l’industrie et de l’agriculture se fixent à ces microplastiques, les rendant toxiques. Les planctons s’en nourrissent et c’est ainsi que toute la chaîne alimentaire est contaminée. Les toxines fixées autour du plastique se propagent dans les parties des poissons que nous mangeons. Des études sur des moules françaises, belges et hollandaises ont été réalisées et chacune d’entre elles contenait du plastique. On estime que 90% des oiseaux marins ont déjà mangé du plastique une fois dans leur vie. 1 million d’oiseaux marins meurent chaque année suite à l’ingestion de plastique. Les tortues marines confondent les sacs en plastique qui flottent à la surface avec des méduses et peuvent en ingérer quotidiennement jusqu’à ce que le plastique accumulé forme des gaz qui empêche la tortue de flotter et de nager, entraînant donc sa mort.

Un problème de santé publique

La majorité des plastiques contiennent des perturbateurs endocriniens, comme les phtalates et le bisphénol A. Pour en savoir plus sur les perturbateurs endocriniens, je vous invite à lire l’article que j’ai rédigé à ce sujet. Ces imitateurs d’hormones interfèrent avec plusieurs mécanismes de notre corps, tels que la croissance, la fertilité, le développement infantile. Aux Etats-Unis, on détecte du bisphénol A chez près de 93% des enfants de 6 ans. Mais le latex, le polystyrène, et le silicone libèrent également des produits à activité œstrogénique. Le polystyrène est souvent utilisé pour l’emballage d’aliments chauds, or plus les aliments emballés sont chauds, plus de produits à activité œstrogénique sont libérés. Nous nous intoxiquons sans le savoir.

Par ailleurs, le plastique brûlé dégage des phtalates et des gaz à effet de serre. Les inhalations de plastique brûlé entraînent des problèmes de santé comme des problèmes pulmonaires graves. Les particules de plastique brûlé retombant à terre polluent les sols, et par extension les fruits et les légumes que nous mangeons.

Dans certaines parties du monde, comme aux Philippines ou sur de petites îles au large des Fidji, il n’y a pas de politique de traitement de déchets, et des décharges à ciel ouvert fleurissent partout. Les déchets sont peu à peu engloutis par les fleuves, les baies alentours. Cela permet de mieux comprendre la pollution des océans. Mais le pire, c’est que des populations entières vivent sur ces décharges. Les conséquences sur la santé ? Une hausse des cancers et de la mortalité, une baisse de la fertilité.

Sur ces photos, sur le paradis « préservé » des Iles Surin en Thaïlande, des enfants de la tribu des Gitans des mers jouent en toute naïveté avec des sacs en plastique et de la frigolite.

Crédits photo : littlegreenbee

Un sujet qui se médiatise de plus en plus

Conscientisation

On aborde de plus en plus les conséquences du plastique sur l’environnement et la santé humaine, tant lors de sa fabrication que pour son utilisation, . Les questions relatives au traitement des déchets plastiques s’imposent également. Paradoxalement, la production de plastique augmente chaque année. « Nous avons produit plus de plastique ces dix dernières années que durant tout le siècle passé. La moitié de ces produits sont considérés comme jetables » (extrait de Plastic Ocean). 

La Journée de la Terre a consacré cette année une réflexion autour du plastique. Les médias abordent de plus en plus la question du plastique, notamment en ce qui concerne la pollution des océans. Greenpeace lance également une campagne contre le plastique.

Des politiques sont peu à peu mises en places, telles que celle de l’interdiction de sacs plastiques dans les commerces. « L’interdiction est applicable aux sacs de caisse depuis le 1er septembre 2017 et dès le 1er septembre 2018, elle vaudra également pour tous les autres sacs destinés à l’emballage de marchandises et utilisés dans l’espace de vente des détaillants. » (Bruxelles-Environnement)

Que pouvons-nous faire, en tant que consommateurs, pour réduire notre consommation de plastique ?

Diminuer son utilisation de plastique

Cuisine

  • Dites non aux pailles : chez vous, dans un bar ou au restaurant. Il existe des pailles réutilisables en acier, en bambou. 500 millions de pailles sont utilisées chaque année ! Elles mettent 100 ans à se décomposer.
  • Remplacez le film plastique cellophane par des bees wraps.
  • Remplacez les récipients en plastique par des bocaux en verre ou en acier inoxydable.
  • N’achetez plus de bouteilles d’eau : remplacez les par des gourdes en acier, buvez l’eau du robinet.
  • Achetez des boissons contenues dans des bouteilles en verre.
  • Compostez pour réduire votre sac poubelle.
  • C’est le moment de craquer pour un cornet de glace plutôt que pour un pot, et sans la petite cuillère ! L’environnement vous en remercie.

Salle de bains

  • Pratiquez le DIY : au final, vous aurez des produits de beauté personnalisés, exempts de produits chimiques et bien moins chers.
  • Réduisez la quantité de vos cosmétiques.
  • Optez pour du savon plutôt que pour du gel douche.
  • Remplacez vos cotons-tiges par un oriculi.
  • Évitez les brosses à dent en plastique, optez pour du bambou.
  • Utilisez un gant de toilette (durée de vie illimitée) plutôt qu’une fleur de douche.
  • Refusez les échantillons.

Maison

  • Faites votre lessive maison.
  • Nettoyez avec de l’eau, du vinaigre et des huiles essentielles.
  • Lavez-vous les mains au savon.
  • Évitez les éponges synthétiques.
  • Utilisez une litière naturelle et biodégradable pour votre chat.

Lors de vos courses ou en sortie

  • Refusez les sacs à usage unique.
  • Prenez des sacs en coton pour emballer vos fruits et légumes, ainsi que le pain.
  • Prenez un sac à dos ou un tote bag pour vos achats de vêtements.
  • Préférez l’achat de denrées alimentaires en vrac. Les épiceries de ce type existent presque partout.
  • Si vous ne pouvez pas éviter les emballages en plastique, prenez de grandes quantités.
  • Lorsque vous allez chez le boucher ou chez le fromager, prenez vos contenants avec vous.
  • Prenez votre casserole ou votre plat lorsque vous allez chercher des frites ou un poule rôti : c’est ce que faisait ma grand-mère !
  • Si vous allez au restaurant, pensez à prendre un récipient pour votre doggy-bag.
  • Au travail, prenez une boite à tartines. Dites non aux salades préemballées et aux couverts en plastique.

Films sur le plastique

Je vous recommande plusieurs films sur le sujet. Ils nous aident à nous conscientiser sur l’impact du plastique sur l’environnement et notre santé. Vous pouvez les retrouver sur la page « S’informer ».

Et vous, que pensez-vous de votre consommation de plastique ? Avez-vous des truces et astuces pour réduire son usage ?

34 commentaires

4 commentaires

vanessa pesades

Quelle richesse cet article! Tu informes à la fois sans culpabiliser et à la fois d’une manière limpide et sans appel. Je suis déjà dans cette démarche mais je ne me suis pas ennuyée à te lire. Bisous

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littlegreenbee

Merci beaucoup pour ces encouragements qui me vont droit au coeur !

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sthecrazygirl

Coucou
J’essaye de réduire mes flacons mais clairement je n’y parviens pas beaucoup. En tout cas j’essaye d’avoir quelques habitudes meilleures pour la planète mais j’ai encore beaucoup à faire je m’en rends compte
Bisous
s

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littlegreenbee

Tout geste est déjà important ! Petit à petit, ensemble, pour un monde meilleur.

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