Mode,

Olly, le choix d’une lingerie éthique

« Souffle, sers les dents, comme d’hab, tu te tais … Souffle sois prudente marche sur le trottoir d’à-côté »

Ces paroles de Suzane m’ont particulièrement touchée. L’injonction de la pudeur, du vivre-caché, non pas pour être heureuse, mais pour être protégée. Car oui, exposer sa poitrine est considéré par certains et certaines, comme de la provocation. « Un décolleté, c’est joli, mais uniquement si on a une petite poitrine », ai-je déjà entendu – et de conclure « sinon ça fait pute ». Abject, me direz-vous ? Pourtant, ce n’est qu’une remarque parmi d’autres qu’on peut entendre lorsqu’on porte des seins. Comme si la taille et la forme de sa poitrine (que, sauf chirurgie, on ne choisit pas)  autoriseraient ou non le port de certains vêtements…

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Revenons à nos tétons…un sujet brûlant actuellement que celui de la libération du sein. Si, au départ, le soutien-gorge fût un symbole d’émancipation (adieu corset), il apparaît maintenant comme un carcan pour les féministes. Or, pratiquer le « no-bra », être libre d’avoir ce choix, est avant tout histoire personnelle. Pour ma part, j’y suis adepte de temps à autre mais ne boude pas non plus mon plaisir face à de la jolie lingerie, comme le modèle Savannah d’Olly Lingerie.

Olly Lingerie, non aux substances nocives

Au cours de mon cheminement dans la mode éthique, c’est paradoxalement pour la lingerie, si proche du corps, que je traine le plus. Or, saviez-vous que les tissus de nos sous-vêtements contiennent une quantité importante de produits toxiques ? L’aniline, les colorants azoïques, les métaux lourds, les alkyphénols en sont quelques exemples. Selon Greenpeace, 2/3 des teintures contiennent des perturbateurs endocriniens. A l’instar des autres vêtements issus de la mode conventionnelle, la lingerie est toxique, tant pour l’environnement que pour nous. Et on la porte à une zone du corps hautement sensible…

Je traine, je traine, mais je constate avec ravissement que les marques éthiques proposent de plus en plus de modèles qui me ravissent les yeux. Olly Lingerie conçoit de la belle lingerie, sans produits nocifs, en coton bio et en dentelle recyclée et aux coupes confortables.

Les cofondatrices d’Olly, Mathilde et Clémentine, encore étudiantes (chapeau !) sont parties d’un constat très simple : il est difficile de trouver une lingerie à la fois jolie et qui possède une démarche écoresponsable. Il n’en faut pas plus pour que l’idée de créer une marque de lingerie qui réponde à leurs valeurs germe en 2016 grâce à une campagne de crowdfunding sur Ulule.

La volonté ? Une marque de lingerie écoresponsable et jolie » – Mathilde, Olly Lingerie

Une démarche éthique et écoresponsable

En préparant cet article, j’ai regardé « La vie d’une petite culotte et de celles qui la fabriquent », un documentaire belge qui retrace l’itinéraire du sous-vêtement de sa confection à sa mise en rayon. Le voyage débute en Ouzbékistan, l’un des plus gros producteurs de coton au monde. Cultiver le coton est difficile, avec des quotas de cueillette imposés par le gouvernement, des droits humains inexistants, des salaires dérisoires. La culture intensive du coton a modifié l’environnement, asséché les terres (il faut de 5000 à 22 000 litres d’eau pour produire 1 kilo de coton) et amené des maladies chez les paysannes en raison du nombre important de pesticides utilisés. Nous partons ensuite en Inde où les usines de filage du coton forcent les villageoises à rejoindre leurs ateliers. Ici aussi, les condition de travail sont indignes pour ces jeunes filles, appartenant au système Sumangali.

En Inde toujours, c’est au tour de la teinture, et la zone industrielle qui recense 400 usines de teinture est tellement polluée que les travailleurs ne peuvent y vivre. L’eau y est hautement polluée, les ouvriers développent des maladies en raison des substances toxiques inhalées. Enfin, c’est en Indonésie que s’effectue la confection. Une nouvelle fois, des conditions de travail indignes. Voilà tout l’itinéraire d’une petite culotte…

Une autre raison d’opter pour de la lingerie éthique et écoresponsable, n’est-ce pas ?

La lingerie Olly utilise pour matière de base du coton bio GOTS. Le label ‘Global Organic Textiles Standards ‘garantit une traçabilité du coton bio à chaque étape de la chaine de production ainsi qu’une gestion raisonnée de l’eau et des conditions de travail décentes. Olly utilise également de la dentelle recyclée, permettant par là d’éviter un gaspillage de ressources. Les teintures sont labellisés OEKO-TEX 100, label qui garantit l’absence de substances nocives. Toute la matière première provient d’Europe et l’atelier de confection de Olly est situé en Hongrie. Les fondatrices ont visité l’atelier de confection, où les caméras ne sont pas interdites.

Pour la distribution, Olly collabore avec Marguerite, une entreprise d’insertion à Paris, qui donne un emploi à ceux qui ont été écartés du système. Encore une fois, je salue la démarche. L’emballage, quant à lui, est le moins polluant possible. J’ai reçu mon ensemble dans un joli papier de soie, et cela me suffit !

J’apprécie particulièrement la transparence et la connaissance des créatrices sur la provenance de leurs matières. Il suffit d’écouter le podcast Basilic pour vous en rendre compte (podcast que j’adore d’ailleurs). J’apprécie leur engagement en faveur de la dignité humaine, en faveur de l’environnement. J’apprécie leur volonté de faire bien, j’apprécie leurs valeurs.

Et le rapport qualité/prix ?

J’apprécie aussi le prix juste de la lingerie Olly. Il faut compter 50 euros pour un soutien-gorge et 35 euros pour une culotte. Je trouve le prix honnête, cohérent et accessible. Et s’il est certain qu’on parle quand même d’un budget à sortir, n’oublions pas qu’il n’est pas nécessaire d’acheter un ensemble toutes les semaines et c’est un investissement qu’on fait sur le long terme.

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J’adore le confort du coton qui souligne la silhouette sans laisser de traces de couture en fin de journée. Le soutien-gorge fait son job sans aplatir la poitrine. Il donne une belle impression de liberté, tout en assurant un maintien efficace.

Quant à l’entretien, le lave le soutien-gorge à froid et la culotte à 30 degrés, et ils s’en portent plutôt bien mais je ne pourrais encore vous faire un retour sur la durée puisque mes sous-vêtements Olly ont moins d’un an.

Olly, Slow Lingerie

Enfin, Olly Lingerie ne fonctionne pas par saisonnalité. Pas question de nouvelle collection toutes les semaines, ni de soldes. Comme souvent dans la slow fashion, les marques fonctionnent selon un modèle marketing différent de la mode conventionnelle : les basiques s’installent selon les meilleures ventes et les besoins des clientes mais aussi en fonction de la disponibilité des matières premières.

Bien entendu, des innovations voient le jour et j’ai cru entendre qu’Olly allait élargir sa gamme pour proposer des sous-vêtements pour enfants, pour hommes, et de la lingerie de nuit…J’ai hâte de découvrir ces nouveaux projets !

Note : il n’est pas facile de prendre des photos de soi en lingerie…J’ai opté pour une ambiance décontractée, style backstage : cheveux mouillés, liberté de mouvement… J’espère que cela vous a plu !  Et vous me connaissez, il m’est impossible de ne pas apporter une touche d’humour décalé, alors voici deux photos bonus…

Connaissez-vous Olly Lingerie ? Qu’en pensez-vous ?

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