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Pesticides : à votre santé !

On parle santé publique sur le blog. Les pesticides, ces poisons qui nous contaminent à notre insu, petit à petit. Comment les éviter, que sont-ils ? Quels sont leurs dangers ?

Brève histoire des pesticides

Les pesticides ont été introduits dans l’agriculture au fur et à mesure que celle-ci est devenue intensive. C’est particulièrement après la seconde guerre mondiale que leur usage s’est développé. On voit d’abord apparaitre les insecticides organochlorés, tel le DDT, qui font des ravages notamment auprès du faucon pèlerin, qui, se nourrissant de proies contaminées, a vu sa population décliner. Puis les organophosphorés, qui s’attaquent au système nerveux des nuisibles. Ensuite, viennent le tour des herbicides, comme par exemple l’atrazine, désherbant très puissant, célèbre depuis les années 60 en raison de son prix bas mais très persistant dans les sols. Les nappes phréatiques en sont contaminées, c’est pourquoi il est interdit en Europe depuis 2004. De son côté, le DDT a été fortement réglementé dans les années 70.

Très rapidement, des scientifiques constatent les dangereux effets des pesticides. Rachel Carson, biologiste,  a d’ailleurs publié en 1962 le célèbre « Printemps silencieux », un livre qui collecte des exemples de dégâts environnementaux causés par le DDT et ses techniques d’épandage. Ce dernier aurait contribué à lancer le mouvement écologiste dans le monde.

Qu’est-ce qu’un pesticide ?

L’ONU définit les pesticides comme « tout  produit  ou  mélange  de  produits  composés  d’ingrédients  chimiques ou  biologiques  visant  à  repousser,  à  détruire  ou  à  maîtriser  les  ravageurs  ou  à  réguler la  croissance  des  plantes. Les  pesticides  sont,  d’après  les  estimations,  à  l’origine  de 200 000  décès par  intoxication  aiguë  chaque  année,  dont 99% surviennent dans  les pays  où  les  réglementations  dans  le  domaine  de  la  santé,  de  la  sécurité et  de  l’environnement  sont  plus  souples  et  appliquées  moins  rigoureusement. » Par ailleurs, l’exposition à différents pesticides potentialisent leurs effets : c’est l’effet cocktail, dont les impacts sont très peu étudiés.

Un classement a établi les pesticides CMR comme étant les plus dangereux : ils sont cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (toxiques pour la reproduction). En font notamment partie le glyphosate (herbicide), mancozèbe (fongicide), le folpel (fongicide), le formaldéhyde. Pour en savoir plus, consultez par exemple le site de l’ANSES ou le rapport de l’ONU sur les pesticides réalisé en 2017.

Outre les expositions directes que les travailleurs agricoles et les habitants en région agricole subissent, nous sommes tous exposés aux pesticides : lorsque nous respirons, mangeons, buvons ou par contact cutané. 

Risques liés aux pesticides

Dans le rapport de l’ONU, on lit qu' »un  lien  a  été  établi  entre  les  pesticides  et  la  maladie  d’Alzheimer,  la  maladie de  Parkinson,  les  troubles  endocriniens,  les  troubles  du  développement  et  la  stérilité.  Les pesticides  peuvent  aussi  avoir  de  nombreuses  répercussions  sur  le  plan  neurologique, comme  des  pertes  de  mémoire,  un  manque  de  coordination  ainsi  qu’une  acuité  visuelle  et des  habiletés  motrices  réduites.  L’asthme,  les  allergies  et  l’hypersensibilité  en  sont  d’autres effets  possibles. » (dans le cadre de l’exposition chronique, NDLR). Plus loin :  « Les  femmes  enceintes  exposées  aux  pesticides  courent  un  risque  plus  élevé  de  faire une  fausse  couche,  d’accoucher  prématurément  et  d’avoir  un  enfant  présentant  des anomalies  congénitales. » Les pesticides passent aussi par le lait maternel, contaminant le nourrisson.

Outre les dangers sur la santé humaine, les pesticides ont un impact important sur l’environnement : ils contaminent l’eau. Ils perturbent également la biodiversité en éliminant les insectes, ils augmentent également la quantité de nitrate dans le sol, ce qui épuise la terre et cause des risques pour les cultures. Un véritable cercle vicieux puisque cette terre épuisée aura besoin d’intrants chimiques pour produire en quantité suffisante… A terme, ils tuent véritablement la terre, rendant impossible sur celle-ci l’agriculture. Un autre gros problème des pesticides est leur caractère persistant. Même après leur interdiction, on en retrouve des traces dans les sols et l’eau. C’est ainsi que l’atrazine, pesticide interdit en 2004 se retrouve encore dans l’eau du robinet de certaines villes d’Europe.

La terre peut répondre aux besoins de tous mais pas à l’avidité d’un seul – Gandhi

Un autre effet connu des pesticides est leur impact sur les abeilles : depuis 1994, des insecticides neurotoxiques, les néonicotinoïdes (Gaucho ou Cruiser par exemple), ont fait leur apparition sur le marché. Pulvérisés sur toute la plante, ils sont très dangereux pour les abeilles qui puisent le nectar de la fleur contaminée. On constate une hausse de la mortalité de 30% de cette espèce en voie de disparition. Si la France les a interdits depuis fin 2018, la Belgique est en retard. Pour son bimestriel d’octobre 2019, Test-Achats a réalise une étude sur 84 enfants en Belgique. On retrouve dans les urines de tous les enfants des traces de pesticides. Belgique, n’agirais-tu pas ?

Le label bio

Le label bio garantit qu’un aliment est issu de l’agriculture biologique, qui fait appel à des techniques qui minimisent les impacts sur l’environnement et respectent le bien-être animal. Le terme « bio » est protégé par la loi, et instauré depuis 2009 dans l’Union européenne. Néanmoins, il ne signifie pas l’exemption de pesticides mais bien l’usage de pesticides naturels et en moins grande proportion que l’agriculture conventionnelle.  Ceci dit, il arrive que des résidus de pesticides synthétiques se retrouvent dans des fruits et légumes bio. De plus, malgré leur caractère naturel, les pesticides utilisés dans le bio sont malgré tout toxiques et peuvent présenter des effets néfastes pour la santé ou pour l’environnement s’ils sont trop ou mal utilisés. C’est pourquoi, selon moi, il est préférable de s’approvisionner un maximum auprès de producteurs locaux qui expliquent leurs méthodes de production et qui sont transparents sur leur démarche, qu’elle soit bio ou non.

Eviter les pesticides

Les fruits et légumes dans lesquels on retrouve le plus de pesticides sont  les légumineuses, les pommes, framboises et raisins. Les œufs, la volaille, le lait et les produits laitiers sont également contaminés. D’autres pesticides sont fortement absorbés par la biodiversité marine, qui peuvent donc aussi à terme se retrouver dans notre assiette. Enfin, l’eau potable contient aussi des pesticides.

  • Lavez toujours vos fruits et légumes, même s’ils sont issus de l’agriculture bio ou épluchez-les.
  • Achetez des fruits et légumes bios.
  • Evitez les plats préparés pour mieux contrôler l’origine de vos ingrédients.
  • Achetez local et de saison.
  •  Variez les « poisons » : ou plutôt variez les aliments pour ne pas accumuler les mêmes substances toxiques.
  • N’utilisez pas de pesticides : les huiles essentielles font des miracles contre les insectes.
  • Dans le jardin, optez pour des méthodes traditionnelles et dites non aux pesticides, fongicides et insecticides.
  • Aérez votre intérieur.
  •  Evitez les shampoings anti-poux traditionnels.

Si le sujet vous intéresse, voici quelques reportages visibles en ligne :

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