Le commerce équitable, c’est quoi ?

Le monde va mal. Oui, je sais, meilleure intro de l’univers, n’est-ce pas ? D’ici quelques jours démarre la COP26 et mes espoirs grandissent au fur et à mesure que l’automne s’installe. Et qui dit espoir, dit écoanxiété.

Comment reprendre le pouvoir en tant que citoyen dans ce monde de fou ? Eh bien, notamment en consommant des produits issus du commerce équitable. Mais finalement, c’est quoi le commerce équitable, quels sont ses avantages et ses inconvénients ? Quels sont les produits concernés ? Y-a-t ‘il une législation qui encadre cette notion ? Petit tour d’horizon dans cet article.

Le label commerce équitable, c’est quoi ?

Il était d’abord une histoire de contexte…

Le problème du commerce mondial

Saviez-vous qu’1% des êtres humains détient autant de richesse que 99% du reste de la planète ? Les inégalités entre individus sont criantes et ne cessent d’augmenter.

Un autre problème ? Les produits sur le marché sont trop bas. Les agriculteurs et producteurs vendent à bas prix, ils ne sont pas en position de force pour négocier et n’ont généralement pas de capacité de stockage suffisante, ce qui les force à vendre rapidement. Ils sont aussi exploités et les droits humains bafoués. Enfin, il y a tellement d’intermédiaires qu’ils ne reçoivent presque rien pour le travail fourni.

Dès lors, les petits producteurs ont du mal à vivre de leur travail. “500 millions de paysans dans le monde fournissent 80% de notre nourriture. Pourtant, paradoxalement, ceux-ci sont les premières victimes de la faim dans le monde, qui affecte 690 millions de personnes”, nous informe le site web Max Havelaar France.

Le paysan, en produisant pour l'exportation, nourrit avant tout l'agro-industrie, tout en crevant de faim. Click To Tweet

Il est aussi nécessaire de retrouver de la cohérence : acheter du jus de pommes chinois alors que nous produisons des pommes dans nos contrées n’a pas de sens. En fait, le système agroalimentaire doit être repensé dans sa globalité. Qu’il s’agisse de malbouffe, de gaspillage, de pesticides et aussi de commerce équitable, il est possible d’agir à tous les niveaux de la chaine alimentaire.

Enfin, l’environnement est gravement impacté par le commerce mondial : exploitation intensive des sols et de l’eau, pollution de l’air, pollution des mers, utilisation massive d’intrants tels que des engrais et des pesticides ne sont que quelque exemples des ravages de nos systèmes alimentaires actuels.

Le commerce équitable, un cadre législatif

Le commerce équitable recouvre 3 volets : social, économique et environnemental.

C’est en 1964 qu’est abordée pour la première fois la notion fairtrade au niveau mondial, lors de la Conférences des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED). Dans les années 70-80, le commerce équitable prend forme et se structure un peu partout et c’est en 1988 que nait le label Fairtrade Max Havelaar aux Pays-Bas. Ce label s’applique sur les produits venant du Sud, tels que le café, le sucre, les bananes ou encore le cacao. En Suisse (leader européen du commerce équitable), une banane consommée sur deux est étiquetée fairtrade. La définition du commerce équitable est alors définie comme telle :

Issu d’une démarche collective et militante, le commerce équitable est un modèle d’économie éthique et responsable. Encadré par des cahiers des charges stricts, il est basé sur des modes de production, de commercialisation et de consommation qui contribuent au développement durable à travers plusieurs principes :

  • De meilleures rémunérations pour les paysans producteurs. 
  • Le respect des droits fondamentaux des producteurs et travailleurs. 
  • La préservation de l’environnement. 

En 1989, une organisation mondiale du commerce équitable la WFTO (World Fair Trade Organisation) se met en place. Une charte internationale est définie en 2018.

En Europe, seule la France possède une législation “commerce équitable” (article 94 de la loi du 31 juillet 2014 relative à l’économie sociale et solidaire). La Belgique entame, quant à elle, sa réflexion pour notamment plus d’uniformité sur la question et aboutir à une législation dans les deux ans à venir.

Quels sont les principes du commerce équitable ?

L’un des principes phares du commerce équitable est de garantir aux producteurs un salaire juste permettant de leur assurer les droits fondamentaux : se nourrir, se loger, avoir accès à l’éducation et aux soins de santé. Comment ? Grâce à la mise en place de 2 procédés :

  • le prix minimum garanti qui couvre les coûts de production, en-dessous duquel les acheteurs s’engagent à ne pas descendre, même si les cours mondiaux s’effondrent;
  • la prime de développement, versée aux coopératives qui permet de développer des projet communautaires. Celles-ci utilisent la somme qui équivaut à environ 10% de la facture totale, à ce qu’elles souhaitent mettre en oeuvre : construire une école, infrastructures sanitaires, entrepôts, etc.

Par ailleurs, l’objectif du label est aussi d’apporter une autonomie aux petits producteurs, et de renforcer leurs capacités de négociation avec les gros acheteurs. Comment ? Via le regroupement en coopératives.

Le cahier de charges du commerce équitable implique entre autres : interdiction du travail des enfants, égalité homme-femme, et lorsqu’il s’agit d’agriculteurs salariés dans de grandes plantations, respect de la liberté syndicale, nombre de travail limité, hygiène et sécurité.

L’agro-industrie use et abuse d’intrants comme le engrais et les pesticides. Le commerce équitable défend l’agriculture paysanne, à échelle plus humaine ainsi que l’agroécologie. Cette dernière est une agriculture plus respectueuse de l’environnement et de ses spécificités. Elle regroupe notamment l’agriculture bio et la permaculture dans une perspective de développement durable.

Le commerce équitable, un concept ambitieux mais parfois flou

Le Belge consomme environ 25€/an (contre 8€ en 2013) en produits équitables tandis que 3 Français sur 10 achètent chaque mois des produits fairtrade.

On constate que, souvent, les citoyens ne connaissent pas précisément la définition de “fairtrade”. C’est pourquoi chaque année la Semaine du Commerce équitable sensibilise le public au travers de différentes actions. Cette année, celle-ci se consacrait aux notions de justice et d’équité sociale, mais aussi à tous les gestes que nous pouvons mettre en place, à notre échelle, pour plus de justice sociale. Un exemple ? Les très belles actions de solidarité qui ont eu lieu lors des inondations à Liège en juillet…

Reconnaitre les label du commerce équitable

Pour aider le consommateur dans la jungle agroalimentaire, plusieurs labels fairtrade se démarquent : Fairtrade Max Havelaar, Producteurs paysans, WFTO, Tourisme Equitable, Biopartenaire, Fair for Life, Agri-éthique (uniquement en France), Bio Equitable en France (uniquement en France).

Les labels de commerce équitable sur le marché français
Source : https://www.commercequitable.org

Si au départ, le commerce équitable concernait uniquement les relations Nord-Sud, depuis 2014, on peut aussi y intégrer les rapports Nord-Nord. Imaginer un commerce équitable local est une volonté du commerce équitable. Les agriculteurs de nos régions rencontrent eux aussi des problèmes graves. En Belgique, quatre fermes disparaissent tous les jours.

Une réflexion est en cours pour avoir des produits labellisés commerce équitable en Europe.

gebana, un eshop qui va encore plus loin

Pour l’eshop suisse gebana, si la vision de Max Havelaar est ambitieuse, elle manque de concret. Et à cela que s’attèle la société : transparence, travail sur le long terme, valeurs, respect des règles font notamment partie des principes fondateurs de gebana. Il importe aussi pour gebana d’aller bien au-delà d’un simple label, d’autant que ceux-ci se sont particulièrement diversifiés ces dernières année, et recouvrent des réalités diverses. Chez gebana, on ne parle pas vraiment de commerce équitable mais plutôt de processus qui cherche à améliorer les conditions de travail et d’existence des agricultrices et agriculteurs sur place : c’est un travail de longue haleine et qui remet constamment l’entreprise en question.

Ensuite, c’est au “consom’acteur” de s’adapter au producteur et non l’inverse : ainsi, les commandes de produits frais tels que des oranges, idéales pour booster son immunité naturelle, peuvent se faire uniquement en 3 vagues (avant le 13/12, le 17/01/2022 ou le 14/02/2022) afin d’assurer des récoltes dans le respect du fruit. La saisonnalité joue donc un rôle déterminant dans la philosophie de gebana.

Pas question de gaspillage non plus, si les oranges ne respectent pas les règles de calibrage imposées par l’UE, elles en restent tout autant consommables et savoureuses. C’est en développant ses propres chaînes d’approvisionnement que la confiance s’instaure : gebana est ainsi présente entre autres au Burkina Faso, au Togo, en Grèce, où elle a développé une culture basée sur la transparence.

Enfin, gebana entretient des rapports étroits avec ses producteurs, au travers de filiales et de partenaires.

Je vous invite à découvrir mon article entièrement consacré à l’eshop vraiment équitable gebana dont j’admire le travail et à vous faire plaisir, en toute justice et équité !

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1 commentaire
  1. Bonjour,
    Merci de mettre en lumière les rapports commerciaux locaux dans cet article. En France (sans doute aussi en Belgique), de nombreux agriculteurs se suicident chaque année car noyés dans les dettes et l’épuisement. Le commerce équitable devrait aussi être au sein de nos régions. On se pose aussi la question, quand est-il vraiment de certaines mentions “Fairtrade” quand la matière première est issu du commerce équitable mais que les conditions d’assemblage ne le sont pas toujours, par exemple dans les vêtements.

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